La loi Evin : communiquer sur l'alcool sans se tromper

Ce que la loi Evin autorise et interdit dans la communication sur les boissons alcoolisées, la mention sanitaire obligatoire, et le cas des réseaux sociaux.

Le principe : une publicité encadrée, pas interdite

La loi Evin n'interdit pas de communiquer sur l'alcool ; elle restreint les supports autorisés et surtout limite le contenu à des éléments objectifs. Toute la difficulté tient à cette frontière entre l'information factuelle, permise, et l'évocation d'un imaginaire, proscrite.

Ce qui est autorisé

Le contenu publicitaire est limitativement énuméré. Peuvent notamment figurer :

  • le degré, l'origine, la dénomination, la composition ;
  • le mode d'élaboration et les modalités de vente ;
  • les caractéristiques olfactives et gustatives objectives du produit ;
  • les références au terroir, aux distinctions et appellations éventuelles.

En résumé : décrire le produit comme le ferait une fiche technique bien écrite.

Ce qui est interdit

Est proscrit tout ce qui relève de l'ambiance ou de la suggestion :

  • scènes de consommation, de convivialité, de fête ;
  • évocation d'un effet (détente, évasion, plaisir, réussite sociale) ;
  • personnages valorisants et métaphores lyriques sur le goût.

La mention sanitaire obligatoire

Toute publicité en faveur d'une boisson alcoolisée doit être assortie de la mention : « L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. »

Le cas des réseaux sociaux

Les pages de marque d'alcool restent une zone juridiquement discutée. L'angle le plus sûr pour une jeune maison est le récit entrepreneurial — la création de l'entreprise, les démarches, le savoir-faire — plutôt que la mise en scène du produit. Cette distinction se perd dès qu'une image devient une image d'ambiance.

Pour aller plus loin

Avertissement

Cette fiche est un repère général, à jour des grands principes mais non exhaustif et sans valeur de conseil personnalisé. Les seuils, procédures et intitulés évoluent : vérifiez toujours auprès de l'administration compétente (douane, DDPP, DREAL, INPI) et, au besoin, d'un professionnel du droit ou du chiffre.

Questions fréquentes

Que peut-on dire dans une publicité pour de l'alcool ?

Un contenu objectif limitativement énuméré : degré, origine, dénomination, composition, mode d'élaboration, modalités de vente, caractéristiques olfactives et gustatives objectives, références au terroir et aux distinctions. Rien qui évoque une ambiance ou un effet.

La mention sanitaire est-elle obligatoire ?

Oui. Toute publicité en faveur d'une boisson alcoolisée doit comporter la mention « L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération ».

Peut-on parler de son alcool sur les réseaux sociaux ?

C'est une zone juridiquement discutée. L'approche la plus prudente pour une jeune marque est le récit entrepreneurial (création, démarches, savoir-faire) plutôt que la mise en scène du produit, qui bascule vite vers l'image d'ambiance interdite.

La loi Evin interdit-elle toute publicité pour l'alcool ?

Non : elle restreint les supports autorisés et encadre strictement le contenu, qui doit rester objectif. Ce n'est pas une interdiction générale mais un cadre limitatif.

Loi Evin — communiquer sur l'alcool : règles et mentions — AuFondDuBocal